Ossaba
est sélectionné pour la Foire Internationale d'art contemporaine
"Art
Strasbourg 96".
Cet événement est l'un de plus importants sur le marché de l'art
en Europe. Les galeries, les amateurs d'art et les média lui réservent
toujours un bon accueil. L’originalité de ce salon est de
mélanger les formes d'expression culturelles, accueillant tut
à la fois des galeries traditionnelles et celles qui tentent de
nouvelles expériences, proposant à la curiosité du public les
œuvres d'artistes venus du monde entier, en une confrontation
féconde et variée. Ossaba est invité à cette foire par la galerie
Ruta Correa de Fribourg (Allemagne), en compagnie de Francisco
Rocca et du sculpteur Luis Fernando Pelaez, pour la série "Bon
Appétit". Il s'agit d'un groupe d’œuvres nées à partir de 1994,
quand la galerie propose aux artistes de travailler sur le thème
de la nourriture. La série reçue un bon accueil, tant du public
que de critiques.
Sur
l’initiative de l’association "Culture Plus", sous la coordination
d'Eunice Gomez, qu'est organisé le premier "Festival argentin
à Paris", événement artistique couvrant différentes disciplines:
musique, cinémas et arts plastiques, et placé sous le
patronage de la mairie du 6éme arrondissement, avec la collaboration
de l'ambassade d'Argentine en France, de Mercedes
Sosa et Jorge Lavelli, et avec le financement de Caracol Europa
et Café de Colombia.
Ossaba
sélectionné pour représenter la Colombie, pays invité au festival,
proposera six œuvres de sa série "Esprits célestes"
(130 X97 cm).
Eduardo
Mackenzie, correspondant du quotidien colombien "El Espectador",
note: "Ossaba offre des situations ou il exalte
le côté bucolique, sensuel, ironique, parfois insolent, mais toujours
efficace et original. Coloriste énergique et impulsif,
il a su créer des personnages très originaux, aux chairs abondantes,
innocents, rudes et angéliques à la fois. Ces personnages
se dédoublent pour répandre leur volume dans d'autres tableaux,
dans d'autres scènes s'ils ne regardent pas, ils
nous parlent, à mi-chemin entre l'audace et la maladresse."
"Ossaba
et son premier demi-siècle": l'association Cafetal, qui a pour
vocation le mécénat culturel sous l’égide du mythique
café de Colombie, si prisé en Europe. Son président, Philippe
Juglar, a décidé d'inaugurer le nouveau salon de
l'association avec les grades et chaudes toiles d'Ossaba. "Pourrait-on
rêver meilleur cadeau", dit Juglar, "qu'une exposition
des dernières créations de ce peintre colombien résident en France
depuis 20 ans ? Ossaba saura toujours nous
étonner avec cette exubérance et cette maîtrise qui on fait de
lui un des peintres connu de sa génération".
Cette
manifestation, placée sous le haut patronage de l’ambassade de
Colombie en France et de la Délégation permanente
de Colombie a l'UNESCO, fut inaugurée le 12 décembre et finit
avec l’année. Les agences de presse internationales
rapportent l'événement : AFP- Julio Olaciregui, sous le titre
"Le peintre colombien Ossaba, un nouveau barbare
à Paris", commente: "Ossaba qui porte ses 50 ans de vie sur ses
épaules avec l’énergie d'un jouer de base-ball, émerveille
les parisiens depuis plusieurs jours dans le Marais, avec cette
exposition de menines aux couleurs explosives, de
visages qui ne sont que bouches, cris ou cantiques de plaisir.
Ce peintre utilise son solide bagage - académique, qu'il met
au service de son caractère entreprenant, joueur et iconoclaste:
peu à peu, il a cherché, défini son propre chemin, le traçant
avec désinvolture dans l’immense jungle de l'art contemporain".
EFE-
Luisa Gaspar sous le titre: « Le peintre colombien Ossaba expose
à Paris », commente: L’exubérance et la maîtrise confirmée
que reflètent ses œuvres font de lui un des peintres les plus
connus de sa génération. ses tableaux se distinguent
par la couleur doucement provocatrice où il exprime son tempérament
et son enthousiasme communicatif qui confèrent
à ses œuvres toute leur vitalité. A travers cette exposition,
cet artiste plastique originaire de Medellin et qui vit en
France depuis quelques lustres célèbre un demi-siècle de vie".
1997
En
février, pour célébrer le centenaire de la naissance d'Aragon,
le mensuel communiste "Regards" organise l'exposition "Un
hommage à Aragon" pour l'inauguration de son nouvel espace culturel.
En
mars et avril 1945, Aragon écrivit deux articles de ses souvenirs
de mai 1940, où il évoque le peintre Antoine Watteau (Valenciennes
1684) et son œuvre, qui fut selon lui "le maître des maîtres français
de la réalité". "L'enseigne de Gersaint",
peinte en 1720, quatre ans avant sa mort, évoque pour la majorité
des historiens de l'art la querelle des classiques
et des modernes dans la peinture de l’époque. Aragon demandait
"en réparation de ce qui ne peut s'estimer de
nos pertes" que l’œuvre revienne en France. La guerre n’était
pas finie, et l'esprit de "réparation s’était largement répandue.
Malgré tout, l’œuvre ne fut jamais rendue et restera dans le musée
de Charlottensburg à Berlin. Tout ceci n'est plus
qu'une anecdote aujourd'hui, avec néanmoins une grande leçon sur
ce qui fait l’œuvre d'art, cette charge symbolique
irremplaçable dans la vie des hommes et des cultures, une charge
capable de réparer les désastres de la guerre.
L'exposition,
conçue par Lise Guehenneux, Paul Cabon et Pierre Courcelles, rassemblait
aux côtés d'Ossaba, 78 artistes contemporains
de grand renom: Cueco, Combas, Erro, Le Gac, Le Parc, Matta, Telemaque.
Elle n'a pu se réaliser que grâce
à la générosité de ces artistes, qui firent don de leurs œuvres
afin de renflouer la revue.
Pierre
Courcelles commente: "Aragon écrit: "On n'y a pas assez vu ce
qui m'y aveugle: que c'est à la fois un manifeste et un
testament." Aujourd'hui, il semble que la querelle des anciens
et des modernes veuille revenir dans l’actualité. L'exposition
que nous montrons est résolument , dans sa diversité même, du
côté de l'art d'aujourd'hui, du côté des modernes.
Nous avons pensé que le clin d’œil à Aragon permettait de présenter
les œuvres sur plusieurs rangs, du sol au plafond,
Comme on peut le voir dans l'Enseigne de Gersaint. Comme on a
montré les tableaux tout au long de XIX e siècle
et fort en avant dans le nôtre.
En
avril, la ville de Sannois, au nord-ouest de Paris, a chargé Ossaba
de réaliser une fresque murale monumentale de 42 mètres
carrés dans le centre socioculturelle "La Passerelle".
Après
l'incendie criminel de la bibliothèque enfantine du centre, en
1995, son directeur Michel Cerf proposera à la Mairie
de Sannois un atelier de prévention, pour des enfants dont les
âges variaient entre 6 et 12 ans. Il s'agissait de susciter
un engagement et de créer le dialogue entre les élus et des citoyens.
Le projet implique les enfants de Sannois, Ermont
et Franconville.
Durant
plusieurs mois, les enfants furent invités à des réunions où on
parlait d'environnement, de civisme et d'appropriation
de leur territoire. La rencontre entre les enfants et Ossaba a
duré 8 jours. Les 4 premiers jours, les enfants durent
dessiner ce que chacun d'entre eux entendait par milieu de vie
et environnement. Les 4 jours suivants il se lancèrent
à l'assaut du mur, pinceaux en main, pour recouvrir 42 mètres
.
Le
quotidien "Le Parisien , sous le titre "La fresque colombienne
de quarante gamins " et commente: "Une casquette visée
sur la tête, le sourire aux lèvres Ossaba contemple la fresque
géante que viennent de réaliser une quarante d'enfants
sur le mur du centre socioculturel "La Passarelle". Pendant huit
jours le peintre colombien s'est improvisé professeur
dans le Val d'Oise. Sa mission: aider les enfants âgés de six
à douze ans à dessiner et peindre leur environnement.
Des dizaines des dessins- des animaux des voitures, des avions
ou encore des immeubles tapissent aujourd'hui
le mur extérieur.
«
Expression d'un art vivant » En mars 1996, Chantal Plousquellec,
institutrice de cours préparatoire à l'Ecole Primaire F. Buisson
de Franconville, demande à Ossaba d'élaborer un programme pour
ses élèves. Le 24 mars 1997, Ossaba présente
aux Ministères de la Culture et de l'Education Nationale son projet
«Expression d'un art vivant ». Son objectif était
de sensibiliser les enfants en les incitant à entrer en contact
avec l'art, et à partager leurs expériences vécues, leurs regards,
leurs dialogues, en leur apportant non seulement des échanges
riches et variés mais également un espace pour une
réflexion plus profonde. L'institutrice commente ainsi cette expérience
: "il était vital de provoquer une rencontre avec
un artiste contemporain, seul à même de les guider et d'obtenir
qu'ils expriment leur singularité, en les accompagnant
avec son expérience d'artiste". Ossaba devait développer chez
les enfants l'envie et la capacité de créer (produire,
émettre un jugement, évaluer, mémoriser...). Élaborer leurs compétences
dans le domaine des arts plastiques, en
les réinvestissant dans une production volontaire et délibérée.
Les aider à construire une culture artistique en développant
leurs capacités et leurs compétences. Le projet comprenait également
en compte l'intervention et l'acceptation
du regard de l'autre et de la différence culturelle existant entre
le maître et les petits élèves.
Cet
atelier expérimental a duré trois mois, au cours desquels ont
été développées différentes étapes :
·
apprendre à lire et à analyser les productions plastiques, en
s'appropriant un langage propre ;
·
élaborer une première œuvre libre, réaliser avec le maître une
évaluation et établir la relation entre couleur, forme, lumière,
support et matière ;
·
exploiter la couleur : contraste des couleurs primaires, complémentaires,
les mélanges, les nuances, la composition et la recherche
des valeurs d'une couleur ;
·
prendre conscience de la forme et du langage, de la reconnaissance
des lignes et des formes, de la recherche des rythmes
;
·
exploiter la matière : expérimentation avec différents matériaux
travaillés selon leur épaisseur, gravures ou transparences
;
·
exploiter la lumière : naturelle et/ou artificielle, sa variation,
son intensité ;
·
étudier la relation entre couleurs et matières : influence de
différentes matières sur le même couleur ; couleurs et formes :
influence de différentes formes sur une même couleur, et de différentes
couleurs sur une forme ;
·
exploiter les supports: carton, papier, bois et toile.
Les
pratiques de recherche artistique réalisées ont été transcrites
dans un journal collectif qui retrace l'itinéraire et ses résultats,
en s'appuyant sur des photos, textes, dessins et échantillons.
Les photos marquent les différentes étapes et les ont
aidés dans leur travail. Leurs pratiques et leurs interrogations
ont été confrontées avec l'artiste en visitant son atelier et en
travaillant en parallèle avec lui, instaurant ainsi un dialogue
entre le maître et les enfants, ce qui a permis à chacune des
parties d'analyser et d'observer le travail de l'autre.
Les
élèves ont également visité, en compagnie du Maître, les musées
du Louvre et d'Orsay, où ils ont pu découvrir les œuvres
sur lesquelles s'appuie la recherche d'Ossaba, ce qui leur a permis
une prise de conscience de la persistance des interrogations
des artistes à travers le temps, inscrites dans la mémoire de
l'imagination collective, et de l'exigence d'un travail
où il faut accepter de s'adapter aux matériaux et aux supports,
et développer des méthodes de raisonnement : conception
d'un projet, choix de matériaux et d'outils, organisation des
différentes étapes, construction, contournement des
obstacles rencontrés, introduction de nouvelles techniques et
matériaux, évaluation de la production. Communiquer : s'interroger
sur une problématique plastique d'un camarade de classe, accepté
le regard et la critique d'un autre sont sur son
propre travail ; dialogue avec les adultes (l'artiste, la maîtresse)
et avec les autres enfants ; élaboration d'un "cahier mémoire"
et d'une exposition.
À
la fin de cet atelier expérimental, chaque enfant avait réalisé
une œuvre sur toile de 60 x 60 cm. La mairie de Franconville
a parrainé l'exposition des soixante œuvres, exposés dans la salle
Giacometti du centre culturel Saint-Exupéry
de Franconville du 17 au 23 janvier 1998, sous le titre "nature
morte et paysage vivant". La revue mensuelle
de Franconville, sous le titre "le bonheur des peintres", écrit
: "ils ont entre cinq et sept ans, les soixante élèves
de deux classes de l'école F. Buisson, qui viennent de vivre une
véritable initiation à la peinture. Trois mois durant,
ils ont travaillé avec le peintre Mario Ossaba, qui affirme que
tous les enfants aiment peindre, même si tous ne deviendront
pas des artistes, mais ils ont appris les premiers gestes qu'ils
ne perdront jamais désormais. Après avoir franchi les
différentes sessions d'enseignement technique, ils se sont lancés
pour exprimer librement sur la toile un paysage familier.
C'est ainsi que sont nées des dizaines de toiles colorées qui
s'alignent aujourd'hui dans le centre culturel Saint-Exupéry".